
En ce jour d’élection, je poste un petit article sur le gros défaut du système de vote à deux tours.
Vous vous rappelez de 2002, quand Jospin s’est fait jeté, avec un LePen passant devant ?
C’est ce qui arrive quand on vote pour celui que l’on préfère.
Le traumatisme de 2002 fait que beaucoup de gens votent aujourd’hui pour le parti majoritaire à gauche, ou le parti majoritaire à droite. Alors qu’ils préfèreraient voter pour un parti minoritaire. C’est ce même système qui provoque la destruction de toute diversité politique, et que les petits partis rejoignent les grands, comme le Parti Radical de Gauche.
C’est, au final, la destruction de toute démocratie dans notre pays que provoque ce processus.
Un processus de vote, au dela de la proportionnalité, ne DOIT PAS utiliser de système à deux tours. C’est un système qui retourne un résultat faussé sur le désir de la population.
Un exemple très simple, nous avons 5 candidats, et les % de votent pour ces candidats au premier tour :
De gauche :
- Bisoux : 17%
- Méluche : 18%
- Pahiba : 20%
De droite :
- Srako : 24%
- Peniche : 21%
Comme on le voit, ce sont Srako et Peniche qui passeront au deuxième tour. Pourtant, les électeurs « de gauche » forment 55% des votes. Ceux « de droite », 45%. Théoriquement, au deuxième tour, on devrait avoir un candidat de gauche et un de droite… Mais ce n’est pas le cas. Car ce système de vote est complètement vicié.
Maintenant, dites vous bien que c’est le même système qui élit nos députés ! Comment voulez-vous qu’ils représentent le peuple ? Forcément, l’Etat est dirigé par le groupe fort, puissant politiquement, mais qui ne représente pas 30% de la population… Une catastrophe !
Pour bien montrer que ce n’est pas une fatalité, et qu’on peut fonctionner autrement, voici une proposition de système, simple. Il existe de nombreux systèmes de votes, et je vous invite à vous renseigner sur le vote alternatif ou la méthode de condorcet.
Une proposition toute simple consiste à classer les candidats par ordre de préférence. Ceci évite les votes stratégiques, car le choix qu’on fait ne risque pas d’empêcher complètement un autre candidat qu’on apprécie de passer.
Un électeur d’extrème-gauche pourrait ainsi classer les candidats de cette manière :
- Bisoux
- Méluche
- Pahiba
- Srako
- Peniche
Tandis qu’un électeur d’extrême droite les classerait en sens inverse.
Un électeur du centre pourrait classer les candidats de cette manière :
- Pahiba
- Srako
- Méluche
- Bisoux
- Peniche
Au final, il suffit de compter les points de chaque candidat par bulletin, d’additionner, et de calculer qui a le meilleur score, en un seul tour. Fin du vote stratégique. Fin du « mais ya personne qui me va !, je vote pour le moins pire ! ». A présent, on vote par ordre de préférence. Aucun ne nous va, mais il y en a toujours que l’on préfère à d’autres.
Évidemment, pour les élections de l’assemblée, ce système est encore plus efficace. En utilisant la proportionnelle, les députés se retrouvant à l’assemblée correspondent plutôt bien à l’avis de la population.
Ce système est simple à mettre en place, et efficace dans le résultat. Seul défaut : le poids dans le classement des électeurs est linéaire. On peut détester 2 fois plus Peniche que Sakro, le poids dans le classement ne le reflètera pas.
On peut ainsi choisir d’autre système, tel que le + et -, qu’on met devant chaque candidat. Un + lui ajoute un point, un – lui enlève un point. On compte. Mais il faut surtout se débarrasser de ce système à deux tours.
Evidemment, pour essayer d’obtenir une démocratie plus efficace, ce n’est pas suffisant. Il faudrait supprimer le système de signature des maires pour pouvoir se présenter, ajouter le non-cumul des mandats, mettre une partie de l’assemblée constituée de citoyens sélectionnés « au hasard », ajouter des mécanismes de démocratie liquide, et plus encore… Et tout ceci ne peut se mettre en place qu’avec une constituante de citoyen choisis au hasard, et non élus. Car les élus sont toujours les professionnels de la politique, dont la notion d’intérêt général n’est que très… secondaire.






















