De la mécanique de vote à deux tours…

VOTE
En ce jour d’élection, je poste un petit article sur le gros défaut du système de vote à deux tours.

Vous vous rappelez de 2002, quand Jospin s’est fait jeté, avec un LePen passant devant ?
C’est ce qui arrive quand on vote pour celui que l’on préfère.
Le traumatisme de 2002 fait que beaucoup de gens votent aujourd’hui pour le parti majoritaire à gauche, ou le parti majoritaire à droite. Alors qu’ils préfèreraient voter pour un parti minoritaire. C’est ce même système qui provoque la destruction de toute diversité politique, et que les petits partis rejoignent les grands, comme le Parti Radical de Gauche.
C’est, au final, la destruction de toute démocratie dans notre pays que provoque ce processus.

Un processus de vote, au dela de la proportionnalité, ne DOIT PAS utiliser de système à deux tours. C’est un système qui retourne un résultat faussé sur le désir de la population.
Un exemple très simple, nous avons 5 candidats, et les % de votent pour ces candidats au premier tour :

De gauche :

  • Bisoux : 17%
  • Méluche : 18%
  • Pahiba : 20%

De droite :

  • Srako : 24%
  • Peniche : 21%

Comme on le voit, ce sont Srako et Peniche qui passeront au deuxième tour. Pourtant, les électeurs « de gauche » forment 55% des votes. Ceux « de droite », 45%. Théoriquement, au deuxième tour, on devrait avoir un candidat de gauche et un de droite… Mais ce n’est pas le cas. Car ce système de vote est complètement vicié.
Maintenant, dites vous bien que c’est le même système qui élit nos députés ! Comment voulez-vous qu’ils représentent le peuple ? Forcément, l’Etat est dirigé par le groupe fort, puissant politiquement, mais qui ne représente pas 30% de la population… Une catastrophe !

Pour bien montrer que ce n’est pas une fatalité, et qu’on peut fonctionner autrement, voici une proposition de système, simple. Il existe de nombreux systèmes de votes, et je vous invite à vous renseigner sur le vote alternatif ou la méthode de condorcet.

Une proposition toute simple consiste à classer les candidats par ordre de préférence. Ceci évite les votes stratégiques, car le choix qu’on fait ne risque pas d’empêcher complètement un autre candidat qu’on apprécie de passer.
Un électeur d’extrème-gauche pourrait ainsi classer les candidats de cette manière :

  1. Bisoux
  2. Méluche
  3. Pahiba
  4. Srako
  5. Peniche

Tandis qu’un électeur d’extrême droite les classerait en sens inverse.
Un électeur du centre pourrait classer les candidats de cette manière :

  1. Pahiba
  2. Srako
  3. Méluche
  4. Bisoux
  5. Peniche

Au final, il suffit de compter les points de chaque candidat par bulletin, d’additionner, et de calculer qui a le meilleur score, en un seul tour. Fin du vote stratégique. Fin du « mais ya personne qui me va !, je vote pour le moins pire ! ». A présent, on vote par ordre de préférence. Aucun ne nous va, mais il y en a toujours que l’on préfère à d’autres.
Évidemment, pour les élections de l’assemblée, ce système est encore plus efficace. En utilisant la proportionnelle, les députés se retrouvant à l’assemblée correspondent plutôt bien à l’avis de la population.
Ce système est simple à mettre en place, et efficace dans le résultat. Seul défaut : le poids dans le classement des électeurs est linéaire. On peut détester 2 fois plus Peniche que Sakro, le poids dans le classement ne le reflètera pas.

On peut ainsi choisir d’autre système, tel que le + et -, qu’on met devant chaque candidat. Un + lui ajoute un point, un – lui enlève un point. On compte. Mais il faut surtout se débarrasser de ce système à deux tours.

Evidemment, pour essayer d’obtenir une démocratie plus efficace, ce n’est pas suffisant. Il faudrait supprimer le système de signature des maires pour pouvoir se présenter, ajouter le non-cumul des mandats, mettre une partie de l’assemblée constituée de citoyens sélectionnés « au hasard », ajouter des mécanismes de démocratie liquide, et plus encore… Et tout ceci ne peut se mettre en place qu’avec une constituante de citoyen choisis au hasard, et non élus. Car les élus sont toujours les professionnels de la politique, dont la notion d’intérêt général n’est que très… secondaire.

La monnaie et le totalitarisme du monde marchand

Money

Un des grands reproches que je fais à la théorie libertarienne, c’est qu’elle ne voit dans l’échange que l’échange « Marchand ». C’est à dire, pour reprendre l’exemple de mon article précédent, l’échange ou chaque partie y trouve un intérêt personnel :

Dans l’échange, les deux individus s’enrichissent. Ainsi, quand Jean achète un pain à son boulanger pour 5 euros, il juge que son billet de 5 euros vaut moins que le pain du boulanger. Le boulanger lui, juge que le pain vaut moins que le billet de 5 euros. Les 2 s’enrichissent. L’échange enrichit donc tout le monde.

Toute la théorie de l’école autrichienne repose sur ce fondement, très critiquable.

J’ai déja essayé de montrer dans l’article précédent la fausseté de cet argument. J’aimerais en parler sous un autre point de vue, celui de la monnaie.

Comment est distribuée la monnaie, selon toutes les théories économiques majoritaires ? Par les banques. Que ça soit la banque centrale, ou des banques libres, ou quoique ce soit d’autre, elle est distribuée par une banque, toujours. Où est le problème ?

La monnaie est échangée via des crédits. Il y a des intérêts à rembourser. Il est donc nécessaire de produire quelque chose avec cette monnaie, et de faire un bénéfice dans sa vente pour rembourser les intérêts. Où est le problème ? Il est simple. L’homme est forcément marchand dans un tel système.bean market masaka2_lo

Qu’il vende un service (son travail contre salaire), qu’il vende un bien (le marchand ou l’entreprise), il cherche toujours à faire un bénéfice, et l’échange est nécessairement marchand.

Pourtant, l’homme est libre. Il peut choisir son activité. Même si elle n’est pas marchande, son activité créera d’autres richesses, mais aujourd’hui non monétisées. Certains vont développer des logiciels libres, d’autre créer ou organiser quelque chose par une association, etc…

L’échange n’est plus marchand dans une telle situation. Les développeurs de logiciel libre créent un logiciel, produit immatériel. Toute copie de ce logiciel est libre, ils ne peuvent recevoir de rémunération de la même manière que s’ils produisaient un objet matériel. Les membres d’associations qui aident leur prochain, c’est pareil. Ils aident, c’est tout. Ce qu’ils en gagnent, la reconnaissance par exemple, n’est pas monétisé. Le problème est qu’en ne pratiquant que pour seule activité une activité non-marchande, l’individu ne peut démarrer le moindre échange monétisé avec son prochain, puisqu’il n’aura obtenu d’argent d’une quelconque manière. La banque ne lui donnera rien : il n’est pas en position de rembourser par des intérêts.

On me rétorquera : oui, mais ils peuvent être rémunérés par le don ! Oui, effectivement, ils peuvent n’avoir comme activité que de développer du libre, aider leur prochain, et recevoir la monnaie par le don. Que se passe-t-il alors ? Avant de donner, il y a eu échange marchand pour que la banque fasse circuler de la monnaie. On place, ici encore, l’échange marchand dans la chaîne, avant toute activité. L’activité humaine est enchaînée à l’activité marchande. L’homme ne peut rien produire, rien échanger, rien créer, sans qu’une activité marchande n’ait eu lieu précédemment dans la chaîne.

Ainsi, l’individu qui passerait ses journées à peindre créerait des richesses. Il peut les monétiser, mais qui l’y oblige, sauf ce totalitarisme marchand ? L’étudiant créera des richesses en établissant des réflexions nouvelles sur ce qu’il apprend. La femme ou l’homme au foyer, en s’occupant de son ménage, participe aussi à la création de richesses de la société. Et s’en est de même pour tout ceux qui aujourd’hui ne monétisent pas leur activité, car non-marchande.

C’est là tout le vice des libertariens du type « jusnaturaliste » . Ils veulent un homme parfaitement libre, soit : mais ils se trompent gravement sur la manière d’y arriver. Ce ne sont pas aux banques de permettre de décider qui à le droit d’avoir de la monnaie ou non. Il n’y a pas à juger de l’activité de son prochain : tout individu est richesse. La monnaie ne peut être émise ailleurs que directement via l’individu.

C’est là que le dividende universel prend tout son sens. Une croissance continue de la masse monétaire, distribuée équitablement entre chaque individu. Le développeur de logiciel libre, l’artiste, l’étudiant, le retraité, mais aussi le marchand, le patron, l’ouvrier, tous recevront la monnaie, du simple fait d’exister. Chacun pourra démarrer d’autres échanges économiques, sans avoir eu à justifier un échange marchand précédemment dans la chaîne.

Le dividende universel est la seule manière de créer de la monnaie qui fasse de l’homme un individu libre. Je vous invite à lire ou relire la TRM, qui changera votre regard sur la monnaie. Le problème de l’origine de la monnaie d’échange y est explicité sous « Le problème des 3 producteurs » . Vouloir faire de l’individu un homme uniquement marchand, c’est faire du constructivisme. Le constructivisme est la peste qui n’a jusqu’à présent construit que des crises.

 

Contando Dinheiro

Justification de l’exploitation… Oui mais non.

Slaves’ memorial, Savannah, Georgia

Des économistes depuis un siècle siècles propage l’idée malsaine suivante. Cette idée est la suivante :

Dans l’échange, les deux individus s’enrichissent. Ainsi, quand Jean achète un pain à son boulanger pour 5 euros, il juge que son billet de 5 euros vaut moins que le pain du boulanger. Le boulanger lui, juge que le pain vaut moins que le billet de 5 euros. Les 2 s’enrichissent. L’échange enrichit donc tout le monde.

Oui, effectivement,  à première vue, cette théorie parait intéressante et réaliste. « Démontrée » par Rothbard. Pourquoi accepterions nous d’échanger si on était perdant dans l’affaire ?

Mais non. Je refuse cette idée. Elle rend légitime l’exploitation des plus pauvres. Car elle justifie le fait suivant :

Un salarié travaille 12 heures par jour. Ce faisant, il gagne 2$. Via ces 2$, il peut s’acheter de quoi manger le soir, pour lui et sa famille.

Ce fait suivant, honteux, inadmissible, est validé par l’hypothèse précédente. En effet : le salarié s’enrichit après tout ! Il peut manger ! Le patron lui, fera de gros bénéfices juteux. Lui, on peut être sur qu’il le sent l’enrichissement. Le salarié, j’en doute…
Quand c’est une histoire de survie, je réfute totalement cette assertion. L’individu ne s’enrichit pas quand il consomme tout pour pouvoir survivre. Il survit juste, purement et simplement. Tout ce pseudo-enrichissement est directement consommé pour maintenir son système vital en état.
Que les économistes continuent de soutenir cette thèse est tout simplement révoltant. En justifiant l’exploitation, ils la rendent légitime… Ils sont à l’origine même des violences communistes, des révoltes d’esclaves, des révoltes des prolétaires. Car ne la remettant pas en question, acceptant idéologiquement cette proposition, ils en autorisent la mise en place.

Prolétaires ! Ne vous plaignez pas ! Vous vous enrichissez quand je vous permet de manger ! Alors ne vous révoltez pas, vous êtes gagnant !

Où est l’erreur dans cette assertion alors ? Je ne ferais que citer @Galuel. Sur têtedequenelle.fr.

Il en résulte que l’acheteur du pain, considère la valeur du billet de 5 euro et la valeur du pain, selon son propre libre choix, sa propre échelle de valeur, et que seul lui est en mesure de de déclarer « voici ce qui pour moi, à cet instant, a de la valeur ou n’en a pas, et si j’agis de telle ou telle façon c’est selon ma propre volonté, et certainement pas de la façon que vous prétendez définir pour moi ».

Tout est dit. Les économistes, du temps de Smith et Marx, étaient persuadé qu’il existait une valeur intrasèque aux objets échangés. Cette valeur était nécessaire, sinon, comment mesurer les échanges ? Comment les comprendre ?

Sauf que cette idée a été réfutée récemment. Aujourd’hui, l’idée d’une valeur relative aux individus, une construction de l’esprit, commence à émerger. Ce faisant, elle remet en question tout les théorèmes et algorithmes utilisés par exemple dans la finance. Cette dernière utilisant en effet l’idée d’une valeur objective, intrasèque aux produits, pour ses mécanismes. Produisant dès lors nécessairement des crises, des erreurs.

Aujourd’hui, il est temps de remettre en question une autre assertion, un autre mensonge propagé par de nombreux économistes. NON l’échange n’enrichit pas forcément les deux individus. Peut-être qu’une majorité d’individus accepte l’échange car ils ont l’impression de s’enrichir. MAIS ce n’est pas généralisable. Nous venons de montrer qu’il existe un exemple réfutant l’idée que « Pour tout individu, l’échange avec un autre individu l’enrichit ». Donc l’idée « Pour tout individu, l’échange avec un autre individu l’enrichit » est fausse.

Il sera temps de réviser de nombreuses théories économiques, se basant sur des idées fausses, construisant des idéologies malsaines, justifiant l’exploitation d’humains par d’autres humains.

Pour une société plus libre et plus juste

Ce blog murit avec le temps. Moins d’énervement, plus de réflexion. Ma culture politique & économique croissante va provoquer un changement profond dans ce que je postais ici.

Je vais proposer dans cet article quelques changements profonds nécessaires pour l’amélioration de notre société. Pour une société plus juste et plus libre. Par plus juste, j’entend :

  • Donner les chances plus égales possibles à chaque individu. Diminuer au maximum le pouvoir d’un groupe d’individu sur la société.
  • Libérer la société. Que les individus ne soient pas obligés de penser, agir, tels que le pouvoir leur demande.

Notre société actuelle est en effet totalement déréglée. L’État-Providence n’est pas une société qui peut fonctionner. Sous prétexte de vouloir diminuer les inégalités, de subvenir aux besoins de chacun, elle provoque totalement l’inverse. Ceci se démontre de manière très simple.

L’État-Providence taxe les classes moyennes et pauvres, et les empêches de grimper dans la société. Ceci se voit  sur le schéma ci-dessous.

 

Comme on peut le voir, entre 600 et 2200 euros de revenu/mois, l’individu gagne environ 1000 euros (la zone rouge). A moins de travailler au noir, il est IMPOSSIBLE de voir son revenu progresser. Le système d’impôt de l’État, rendu suffisament opaque, prend aux pauvres et classes moyennes pour gaspiller l’argent dans une machinerie lourde. Première injustice.

Deuxième injustice, il ne taxe pas les riches. Pourquoi ? Parce qu’un riche a les moyens d’échapper fiscalement à la pression de l’impôt. La classe moyenne et pauvre, non. Les évasions fiscales ont en effet un coût estimé entre 30 et 50 milliards d’euros à l’État. Et cette évasion fiscale devrait se développer de plus en plus dans les années à venir.

Avec les monnaies dématérialisées, de plus en plus d’échanges vont se faire sans que l’État ne puisse y contrôler quoi que ce soit. Ainsi, Bitcoin est un système monétaire complètement anonyme. L’État ne peut savoir qui possède quoi. Il ne peut taxer. Petit à petit, l’État va perdre de son pouvoir de contrôle et de surveillance.

Mais l’État n’a pas dit son dernier mot. Il veut contrôler. C’est bien pour ça que les hommes politiques veulent le pouvoir, au final :

 

L’État tend à vouloir tout contrôler. Personne ne veut d’un État Big-Brother. Il faut donc diminuer ses capacités, les limiter. Et pour ça, pas d’autres solutions que d’autonomiser les individus au maximum, et les rendre moins dépendants de l’État. Tant qu’ils seront sous tutelle, ils ne pourront réellement lutter contre sa capacité à tout contrôler.

L’État-Providence, en centralisant un pouvoir énorme sous prétexte de donner les même chances à chacun, avantage certains membres de la société au détriment des autres. Via le lobbying, des entreprises vont pouvoir obtenir des avantages significatifs : Hadopi, Protections de la propriété intellectuelle croissante… De vieux modèles économiques vont être maintenus en vie au détriment de leurs remplaçants et via l’argent du contribuable. L’industrie de la musique est un exemple flagrant. C’est un pouvoir extrêmement néfaste, qui va maintenir une oligarchie à la tête de la société (ceux qui sont proches de l’État), et maintenir les individus sous le joug de ce pouvoir.

 

Big Brother Security

 

Revenons sur la libéralisation de la société. Rendre l’individu autonome est la première étape. Il faut pour cela réduire la puissance de l’État : ses capacités budgétaires ne doivent pas dépasser celles d’un état régalien. Je passe à état en minuscule, car c’est à présent une institution comme une autre. Un état régalien est un état réduit à ses capacités minimales. Il devra assurer la sécurité et la justice à tout les citoyens. C’est tout.

Mais cette réduction de la puissance ne doit pas mettre un autre organisme à sa place. Ainsi, les sociétés banquaires, en ayant le monopole de la création monétaire, possède un pouvoir bien trop grand. La monnaie est l’énergie qui va perdre de dynamiser les échanges entre individus. La société actuelle empêche de donner de la valeur à ce qui n’est pas rentabilisable. Ceci provoque des abbérations énormes : le réseau Internet est construit à 100% sur des logiciels libres, et pourtant, leurs auteurs n’en ont reçu aucune rémunération.

Ceci est provoqué par le fait que pour pouvoir participer à la vie économique de la société, il faut forcément faire un travail rémunéré par une entreprise. C’est la seule manière de gagner de la monnaie. Parce que les banques créent la monnaie, la prêtent aux entreprises et particuliers, et attendent un retour avec intérêts.

Freedom!

La seule solution est de passer à une solution de type Dividende Universel. Un tel système distribue  la création monétaire à chaque individu de la société. Participer à la vie économique se fait donc par le simple fait d’exister. Tout nos échanges peuvent être monétisés. La reconnaissance d’un travail, d’une action, d’une création, d’une réflexion, est faite naturellement, par la distribution du DU.

Ce système a un double avantage : il évite de créer d’énorme bulles économiques parce que les capacités de levier d’une entité sont très supérieures au reste de la société. En effet, si cette entité (l’état, la banque) peut créer de l’argent à la volée pour investir dans un secteur, il peut le déséquilibrer fortement. Un point de vue « absolu » sur l’économie a beaucoup plus de chances de se tromper que des millions de points de vue « relatifs » à l’individu. Tout ces points de vue relatifs vont disperser l’argent naturellement la où l’économie peut être profitable à chacun.

Ensuite, du point de vue de la justice. Chaque individu participe à hauteur égale, de part son existence, à la dynamique de la société. Certains réussiront mieux, d’autres moins, mais tout le monde a, toujours, les capacités pour redémarrer, participer à la vie économique. Les gens ne sont plus mis de coté sous prétexte qu’ils ne peuvent être rentables. On leur donne les moyens de trouver leur utilité à la vie de la société. Et à vivre ainsi, dignement.

 Sidewalk Stencil: Your existence gives me hope

Le défaut du système va plus loin que ce qu’on croit

Et bien, voilà. Comment tant d’autres, je me suis trompé. J’ai cru sans me tromper que le défaut du système était dû à un système financier devenu trop puissant. J’ai cru que cette puissance était dû à un manque de règles. Mais je me suis trompé. Cette puissance, c’est l’État qui l’a abandonnée. L’État a donné au secteur financier la capacité de CRÉER LA MONNAIE.

 

Avant de passer à la suite de l’article, voici une petite courbe amusante. Elle montre l’augmentation de la dette avec et sans la loi de 1973, imposant la création monétaire par titrisation.

 

Ce graphique signifie que 80% de la dette est dû à du remboursement d’intérêts. Que sans la loi de 1973, la dette serait restée stable, entre 0 et 100 Milliards d’euros.

Impressionnant n’est-ce pas ? Mais vous allez vous demander, c’est quoi, cette histoire de création monétaire par titrisation ?

 

Tout a commencé, suite à l’arrivée de plusieurs théories économistes partant d’un fait simple. Les États, lorsqu’ils ont le pouvoir de créer la monnaie, n’hésitent pas à en créer à des fins électoralistes. (Op, on imprime 100k €, on créé 20 000 postes de professeurs !). Ceci provoquait souvent des montées inflationnistes.

 

Qu’est-ce que l’inflation ? L’inflation est une montée des prix, dû à une consommation trop forte par rapport à la production. En ajoutant trop de masse monétaire sur le marché, ceci provoque souvent une montée de capacité de consommation, et donc de l’inflation. Mais ce n’est pas toujours le cas. Cette argent créé peut-être utilisé pour développer un nouveau marché. Le développement de ce marché créé peut alors très bien totalement « éponger » la masse monétaire créée, et on aura alors aucun effet sur l’inflation.

 

Quel est le problème de l’inflation ? Une monnaie dont la valeur fluctue énormément provoque la spoliation des rentiers, des propriétaires, des banques. Par exemple, en 1960, une banque prête 10 000 francs à X. X doit 15 000 francs en retour d’ici 1970. Arrivée en 1965, la valeur de la monnaie a augmentée de 25%. X doit toujours 15 000€, et pourtant la valeur du prêt est à présent de 12 500 €.

Pour que les États arrêtent de jouer avec la valeur de la monnaie, ça leur a été interdit. On a remplacé le système d’impression de monnaie par un autre système : la création monétaire par titrisation. Ce sont à présent les banques qui créent la monnaie. Les états doivent donc à présent emprunter auprès des banques privées (pour des taux de 4 à 8%), et non plus auprès de leurs banques centrales (avec des taux de 1%).

 

Il faut savoir qu’une banque privée peut prêter 6 fois ce qu’elle possède réellement. Ainsi, si elle possède 1 Millions d’euro, elle a légalement le droit de prêter 6 Millions d’euros au total. Les banques centrales garantissent le remboursement des clients de la banque si elle n’arrive pas à donner tout l’argent qu’on lui demande.

 

En réalité, si tout le monde retirait son argent en très peu de temps, nous ne trouverions que des coffres vides.

 

 

Ainsi, la création de monnaie se fait par le prêt, la monnaie créée étant les intérêts. Ça fonctionne tant que l’économie est en croissance : en effet, il faut constamment gagner de plus en plus d’argent pour pouvoir rembourser ses prêts. Mais ça se bloque dès que l’économie ralentie. C’est ce qui se passe en ce moment.

 

Nous sommes dans une gigantesque pyramide de Ponzi. Il faut constamment produire de la valeur ajoutée, ajouter de la liquidité dans le système, sinon c’est l’effondrement.

ponzi

Ajoutons à ceci que l’état n’est pas censé engranger de bénéfices. Il propose un service public, payé par les impôts. Pour rembourser des emprunts, l’État doit donc faire monter les impôts. Mais ces impôts sont payés par le peuple. L’augmentation des impôts risque de provoquer une augmentation de l’endettement des ménages / des entreprises. Il peut aussi privatiser des services publics, au risque d’une précarisation d’une partie de la population. Tout ce qui est soins, etc, n’a aucune vocation à la rentabilité.

 

Marianne

Ce système provoque un deuxième défaut : celui de donner à un organisme privé, les banques, le droit de choisir qui possède le droit à la monnaie. Centraliser un tel pouvoir n’est vraiment pas une bonne chose. Surtout que les financiers sont bien souvent greedy. Actuellement, avant de passer à un autre système, la priorité est pour moi de redonner ce pouvoir à l’État, en attente de mieux.

 

On aura à nouveau des problèmes d’inflation qui font perdre de l’argent en rentiers (et encore, ce n’est pas automatique). Mais au moins, plus de crise cyclique dû à une aspiration des liquidités par le haut. En attendant de trouver un meilleur système.

 

Oui, l’État n’est pas une solution parfaite. Mais c’est toujours mieux de choisir son maître que de le subir par une mise en place économique.
Sources :

Ma belle Europe, ta tête pensante est incompétente…

 

€ land burned - Euroland, abgebrannt

Bonjour, nous sommes le 10 septembre, et nous approchons de la fin de la zone euro.

Jürgen Stark, l’économiste en chef de la BCE (Banque Centrale Européenne), vient de démissionner. Ceux qui sont à la tête de la gestion de la crise ne sont plus d’accord sur la manière dont on peut se sortir de cette situation. La panique va se propager rapidement, si personne ne sait plus comment réagir.

Ajoutons à ça qu’il est allemand, que c’est le deuxième allemand à démissionner de la gestion de la BCE. L’allemagne sait que c’est elle qui paiera pour régler la facture.

La BCE rachête de la dette des états. L’Allemagne ne veut pas, pour des raisons qui leur sont propres : ceci cautionne les dérives budgetaires, et rajoute de la liquidité sur les marchés. L’économie Allemande va très bien, du coup, dans cette crise, l’Allemagne pense avant tout à son économie. Elle ne veut pas payer à la place des états en défauts. Il ne faut pas qu’elle oublie que son économie d’exportation repose sur l’Europe…

Revenons un petit peu sur cette crise. Pourquoi, on est à peu près sûr que tout va tomber ? Revenons sur la restructuration de la dette grecque. De toute façon, les banques n’ont pas le choix : la Grèce ne peut pas payer, l’Europe n’arrive pas à sauver la Grèce. Il va falloir restructurer.

Comment ça va se passer ?

  1. De l’argent a été preté à la grèce.
  2. La grèce ne pouvant pas payer, on restructure : on accepte que la grèce ne rembourse que ce qu’elle peut. Sur 1€ qu’on lui prêté, elle n’en rend que 0.1€, ou 0.15€. Il y a 0.85€ qui disparaissent.
  3. Les banques vont devoir refaire leurs comptes. Elles n’auront pas autant d’argent que ce qu’elles avaient prévu : La grèce ne rendra pas 1€, voire 1.10€. Elle rendra 0.15€.
  4. Les banques ont investi dans d’autres secteurs, chez d’autres états. Elles ont, entre elles, de l’argent à se rembourser, des prêts entre banques. Finalement elles n’ont pas assez d’argent pour payer ces investissements et prêts… Oui, ça va faire mal.
  5. Les financiers ont pris des CDS (Credit Default Swap) sur la dette grecque.

Petit rappel sur les CDS : C’est comme une assurance sur un risque. Pour faire simple, on achête un CDS sur un risque de défaut de paiement grecque. Si la grèce ne peut pas payer, le vendeur de CDS remboursera l’équivalent de la perte, ou une partie, suivant l’accord. Le vendeur de CDS évalue le risque, le vend un certain prix.

Non, ils ne sont pas omnicients. Le marché est tellement complexe qu’en réalité, cette évaluation est complètement spéculative. Ils font un pari sur le risque de défaut de paiement.

Cette spéculation est d’autant plus forte qu’on peut revendre un CDS acheté. On peut donc acheter un CDS sur un investissement qui n’est pas le notre (si si, je vous jure. C’est débile ? oui.). Donc les spéculateurs achètent des CDS, ils parient dessus. Ils parient à la hausse ou à la baisse, dans tout les cas, ils sont gagnants. Les CDS n’ont donc plus aucune valeur de réalité par rapport au risque de défaut de paiement réel.

Les variations des CDS génèrent un champs visible dans la nuit (photo prise à Boston le 23 novembre 2009)

 

Si la Grèce ne peut pas rembourser les banques, les pertes seront tellement énormes qu’en réalité, ces vendeurs de CDS ne pourront jamais rembourser l’argent perdu. Pour l’instant, ils gagnent de l’argent en spéculant sur ce risque, mais si tout tombe, ils vont tomber dans les premiers.

Les CDS ont joué un rôle extrêmement important dans cette crise. Les banques n’auraient jamais accepté de prêter autant d’argent à un État comme la Grèce. Mais elles se pensaient assurées par les CDS : au pire, l’argent que la Grèce ne pourrait leur prêter serait rendu par le vendeur de CDS.

Ces vendeurs qui, il y a 10 ans, devaient faire des paris sur un défaut de paiement grec en ont fait une évaluation très faible. Raté.

Le plus impressionnant dans tout ceci, c’est que nos politiques ont l’air complètement à coté de la plaque. François Hollande propose un plan de relance complètement plat. Pas de correction du système, mais on tente de sauver les meubles pour cette fois-ci. L’UMP et Sarkozy ne proposent encore rien. Ils ne comprennent pas bien le mécanisme du marché. Ils sont perdus, et ils se veulent rassurant devant les téléspectateurs.

A la limite, en cherchant un peu, j’ai été surpris de voir que Martine Aubry proposait des éléments intéressants sur le système actuel.

Bon, ben voila. Rest In Peace, Europe. Belle Europe.

 

Article à l’origine de ce post : http://www.pauljorion.com/blog/?p=28455

Fukushima vire à la catastrophe…

Et voilà, Fukushima on en entendait plus parler. Pourquoi donc ? Parce que ça vire à la catastrophe.
3 coeurs de réacteurs ont fondu, a annoncé TEPCO. Le combustible du premier réacteur se trouve à présent au fond de la cuve. L’eau qui y était déversée fuyait par des fuites créées par le séïsme.

Enfin bon, ça vire à la « pire que tchernobyl », et franchement, j’aimerai pas être japonais aujourd’hui.

Je vais citer Jean Pierre Petit, chercheur au CNRS qui a posté en commentaire sur 20 minutes :

Pas question pour moi d’intervenir sous un pseudo. Je suis Jean-Pierre Petit, ancien directeur de recherche au Cnrs. Je vois qu’à Fukushima l’opérateur TEPCO et le gouvernement n’ont pas réagi comme ils auraient dû le faire. « A la russe ». Il aurait fallu immédiatement faire des travaux de dégagement routiers pour permettre l’acheminement de moyens lourds. Ces sarcophages ne résoudront rien. Un séisme peut fracturer n’importe quelle dalle de béton, quelle que soit son épaisseur. A mon avis le séisme a fissuré celles qui se trouvent sous le réacteur. D’où fuites incontrôlable d’eau radioactive vers la mer. Il aurait fallu donc dégager les sources de radioactivité au plus vite, et au moins celles qui pouvaient être accessibles : les contenus des piscines. Pour ce faire il aurait fallu amener à pied d’oeuvre un pont roulant, capable d’enjamber les réacteurs, en le télécommandant. Le Japon est leader en matière d’industrie lourde et de construction navale. De tels ponts existent déjà, très puissants. Restait à les acheminer, ce qui n’aurait pas été facile. En les démontant partiellement, et par la mer ?
Mais au lieu de ça, 50 pauvres types ont arrosé les réacteurs avec des lances à incendie…
Pathétique !
Des ponts roulant auraient pu dégager les poutrelles légères qui encombraient le dessus, qui sont retombées après l’explosion. De puissants grappins auraient permis de dégager les décombres.
Enfin, les Japonais auraient pu enlever, laborieusement, les assemblages en les extrayant des piscines, pour les replonger au plus vite dans des containers portés par des camions, emplis d’eau. Tout cela aurait pu être télécommandé. La radioactivité est présente à proximité des réacteurs, mais elle reste sans commune mesure avec celle de Tchernobyl, immédiatement après l’explosion du réacteur.
Transportés immergés, par cette noria de camion, ces assemblages auraient pu simplement être réimmergés dans un vaste bassin. Voire même dans un … port, ou un pièce d’eau. Séparés les un des autres, sous quelques mètres d’eau, leur chaleur aurait pu être dissipée, sans avoir besoin  » de les arroser ». Après, on aurait construit une piscine pour les immerger de nouveau (comme à la Hague).
C’était la mesure d’urgence. Ouvrir les cuves aurait été une toute autre affaire. Pas sûr que ça soit faisable. Mais pour les piscines, oui.
Ce qui se passe au Japon est l’illustration des dérives du libéralisme qui dit toujours qu’il y a  » trop d’Etat « . Le pouvoir politique Nippon est inexistant. Il est « aux ordres » et là, les ordres n’arrivent pas. Il n’y a pas de « cellule de crise ». Les spécialistes du nucléaires, sollicités pour se rendre sur les lieux, se sont défilés. Simple état de fait.
Si on se replonge dans ce qui s’est passé à Tchernobyl, on peut voir qu’une crise nucléaire coûte très cher. Tout de suite, il fallait pouvoir se dire « cette crise va coûter des milliards de dollars », et pouvoir les mettre sur la table. Mais qui pouvait faire cela ?
Il est significatif qu’un mois après la catastrophe des journalistes aient pu s’aventurer près du site avec une simple voiture, sans apercevoir le moindre contrôle policier ou militaire. Il aurait fallu boucler la zone très vite. Ces gens sont revenus avec un véhicule possiblement contaminé.
Il aurait fallu, comme l’ont fait les Russes, créer une brigade dont la mission aurait été d’abattre tousles animaux errants, dans la zone, domestique ou sauvags. Les chiens peuvent ramener de la radioactivité dans leurs poils.
Je sais que le Japon était dans le chaos et que réagir face à une telle situation n’était pas facile, avec les conséquences du tsunami. Mais on a entendu personne dire « je prends les choses en main ». La pantomime où on a pu voir les responsables de TEPCO se prosterner, face contre terre, était lamentable.
Lamentable aussi ce refus nippon d’aide extérieure. Lamentable le fait d’être leaders en matière de robots domestiques, et de n’en avoir aucun capable d’intervenir en « zone chaude ».Et de refuser de recevoir des robots étrangers.
Cette affaire ne fait que commencer. Les sarcophages ne résoudront rien, sinon en cachant au public l’état des réacteurs. En cessant d’être arrosés, les éléments combustibles monteront en température. On ne connait pas l’état du soubassement, sous les réacteurs. Il doit être fracturé et la radioactivité polluera la nappe phréatique, filera dans la mer. Il sera alors techniquement impossible de contrer cette dissémination.
Il est effarant que les Japonais aient évacué 10.000 tonnes d’eau hautement contaminée, simplement dans la mer, quand les cuves ont été pleines, « en s’excusant auprès des riverains ». N’importe quel bateau disposant de cuves (un vieux pétrolier prêt à partir à la ferraille) aurait pu siphonner cette eau, en s’ancrant dans le port. Quitte à l’emmener à 2000 bornes de là, quand ses cuves sont pleines, et à le couler, sans ouvrir ses cuves. La rouille aurait lentement fait son oeuvre et cette eau contaminée aurait été relâchée en 30 ou 40 ans. Mais ce pétrolier se remplissant d’eau contaminée, ça aurait fait mauvais effet. Sa photo aurait circulé partout. Les gens de TEPCO ont préféré se débarrasser de cette eau « en douce », comme un chat qui planque ses excréments sous un tapis. Relâcher cette eau en bordure de mer était la pire des choses à faire. Mais les Japonais sont dépassés. Il n’y a personne à la barre.
Les seuls qui ont une réelle expérience de ce genre de crise gravissime, ce sont les Russes. Mais qui imaginerait que les Japonais puissent, ne serait-ce que recevoir la visite d’experts étrangers, d’où qu’ils viennent, et, au-delà, de voir ces gens faire des recommandations ? Non, les affaires japonaises ne regardent que les Japonais. Mais dans ce cas, ces gens n’ont aucune expérience. Ils savent réagir très efficacement à des tremblement de terre. Là, les gens sont formés à tous les niveaux. Mais, côté nucléaire, ça a été 30 années d’anesthésie à tous les niveaux. D’où cette incapacité à réagir.
Chez nous, au passage, ça serait pareil, en cas de grosse crise.
Le Japon a reçu … le soutien d’AREVA. Mais rien de plus. AREVA n’aurait pas pu s’asseoir sur ce nid de guèpes. De plus AREVA est responsable de la présence de plutonium dans la cuve du réacteur numéro 3, combustible du MOX, vendu par la France aux Japonais.
Les poissons disperseront ces polluants radioactifs en les disséminant dans la chaîne alimentaire. Un jour peut-être on déconseillera au public de … consommer du poisson. Après peut-être les veaux que nous sommes réagiront-ils.
Fukushima risque de devenir un problème planétaire du fait des emplâtres sur jambe de bois qui ont été mis en oeuvre. Sous cet angle c’est terrible à dire, mais ça sera la seule chance que nous ayions de réagir contre ce danger du nucléaire.
Hier, j’étais le seul scientifique et le seul universitaire à m’être joint aux 200 manifestants réunis devant l’hôtel Aixoix où les 20 députés européens écoutaient les sermons des gens d’ITER, plaidant pour le triplement de leur budget, passant d’un à 3 milliards d’euros. J’ai remis un document à une des parlementaires, Michèle Rivasi. 15 pages en 40 exemplaires, expliquant ma vision des choses, un vision de scientifique et d’ingénieur. Les gens ne le savent pas, mais tel qu’il se présente, ITER n’est pas un démonstrateur, du tout. On envisage avec ce projet déjà pharaonique de ne gérer qu’une seule des deux réactions nucléaires-clés, la fusion deutérium tritium. La seconde, la régénération du tritium par fission du lithium sous l’effet du bombardement neutronique sera seulement « testée » sur ITER, qui ne possède pas de système de dépollution de son plasma.
Oui, si on le construit, ITER fonctionnera 400 secondes en produisant « plus d’énergie qu’on n’en injecte ». Mais rien ne sera résolu pour autant. Répondant à ma question, un des responsables m’a dit au téléphone, il y a quelques jours : « Oui, on pourra peut-être un jour avoir un générateur à fusion, si on n’est pas à quelques dizaines de milliards d’euros près, ni à quelques décennies près » (…)
Voilà ….

Jean-Pierre Petit

Bon courage à tout les amoureux de ce pays.

Vomir.

Vomir. C’est l’envie qui m’est arrivée quand j’ai entendu l’info du jour.

Elle tournait depuis quelques temps, mais je pensais quand même pas qu’ils oseraient… Mais en fait si !

On va faire travailler 5h par semaine les gens qui sont au RSA !

Et bah ouais, ces parasites de la société, ces fainéants qui ne veulent pas bosser, on va les mettre au boulot ! De gré ou de force !

Comment ça ya pas de travail ? Comment ça, si on les fait bosser, ça va permettre d’employer des gens gratos à la place de mecs qui auraient besoin de ce job ? Et ben si.

C’est quand même dingue. A force de faire rentrer dans la tête des gens, que les chômeurs c’est des parasites, que les chômeurs trichent avec les impôts, qu’ils trichent avec le système… Ben les gens finissent par y croire. Et des lois stupides, d’un autre temps, peuvent alors passer. C’est juste dingue.  Les chômeurs trichent avec le système ? On estime qu’il y a 30 Millions d’euros de fraudes aux prestations sociales. C’est beaucoup, je le conçois ! Mais tellement rien, tellement minime, comparé aux fraudes fiscales, la délinquance à col blanc… Qui couterait elle, 30 à 50 Milliard d’euros par an à la France ! Entre 2 et 2.5% de son PIB !

Mais voilà, pour que le système économique reste à l’avantage de ceux qui ont l’argent, il ne faut surtout pas remettre en question la valeur travail. Les chômeurs ne sont que des fainéants. 10% de chômage permettent d’avoir un marché du travail sous tension, à l’avantage des entrepreneurs. Dans ce rapport de force déja déséquilibré par les lois libérales de la finance, les employés et travailleurs sont rares à réellement choisir leur travail.

Le rôle de l’économie n’est-il pas plutôt de rendre les gens heureux ? Un système économique qui marche est un système où le taux de bonheur des participants à ce système est élevé, et sur le long terme de préférence. Notre système économique actuel a fonctionné un jour : c’était en 1950. Le plein emploi, c’est comme ça que ce système rendait tout le monde heureux. Du travail pour tout le monde : pas de tension sur le marché de l’emploi. Tout à construire, les entrepreneurs pouvaient mettrent en place leurs projets. Des besoins d’investissement, les possesseurs de capitaux pouvaient placer leur argent.

Mais petit à petit, tout ceci s’est déséquilibré. Pour des raisons d’évolution technologique, mais aussi sociales.

Technologique tout d’abord. La où l’arrivée de machines et l’informatisation des données devaient libérer l’homme du travail, ce fût finalement l’inverse. L’homme est emprisonné par le travail. Il a besoin du travail pour vivre, mais il n’y en a plus. Il est alors contraint d’accepter un travail qui ne lui convient pas.

Les philosophes se sont tous trompés. Non, les machines et l’informatisation n’ont pas libéré l’homme, bien au contraire.

Pourtant, il est possible de réellement profiter de ces avancées. Qu’elles n’aillent pas que dans le sens des entrepreneurs et des investisseurs. Il faut qu’elles profitent aussi au citoyen travailleur.

Une théorie économique est apparue dans les années 2000. Le revenu minimum universel.

Le principe est simple : tout les mois, tout le monde gagne 800 euros par mois. Tout le monde. Les travailleurs, les chômeurs, les étudiants… Tout le monde gagne 800 euros. Après, si on travail, le salaire ne fait que s’ajouter à ces 800 euros. Avec un tel système, la remise en cause de la valeur travail est fondamentale. Il n’est plus nécessaire de travailler pour vivre. Travailler peut permettre de vivre mieux. On peut alors choisir un travail qui nous convient. Ou alors travailler sur un travail mal qualifié, peu interessant, mais à mi-temps. On a le choix.

Dans un cadre économique où il n’est plus possible d’atteindre le plein emploi, c’est une solution qui semble parfaitement adaptée. Elle peut sembler chère, mais pas tant que ça. Des solutions économiques pour la financer ont déja été pensé, notemment via la TVA sociale. Une telle mesure, si jamais elle était mise en place au niveau mondial, couterait 1% du PIB mondial par an. C’est minime, pour permettre à tout le monde de vivre heureux.

Si vous êtes curieux, regardez ce documentaire. Il explique très bien le principe et les solutions. Il faut savoir que c’est une théorie libérale, qui s’insèrerait bien dans notre système économique. En effet, la liberté, c’est bien, mais actuellement, on est libre que si on a les moyens de l’être. Le pauvre, il est juste prisonnier du système pour survivre.


http://www.archive.org/details/le_revenu_de_base

En attendant, on continue de faire croire aux gens que quelqu’un qui ne travaille pas est un fainéant, qu’il est inutile et parasite la société.

Et moi, je déglutis.

Der Facisme Is There

Après des semaines sans poster, voici un petit article pas très joyeux.

La crise continue son doux chemin, les états continuent doucement mais surement de tomber. La Grèce ne remonte pas, l’Islande non plus. L’effondrement des banques irlandaises a contaminé les banques portugaises. L’Europe et le FMI vont tenter de sauver ce pays, mais vu comment ça a marché pour la Grèce et l’Irlande… Il est fort probable que ça ne fonctionne pas. Et alors ça sera l’Espagne, dont les banques possèdent beaucoup de placement au portugal, qui mangera. La France et l’Allemagne sont juste derrière…

Du coté des États-Unis, leur dette a été placé sous surveillance par un centre d’étude américain. C’est dire à quel point les états ne vont pas bien… On a quand même remi en doute leur note de triple A en solidité économique là.

Les élections se préparent, partout, en Europe et aux Etats-Unis. Aux États-Unis, je ne sais sincèrement pas ce qu’il peut se passer. Même après une telle crise, qui a mis des milliers (millions?) d’américains dehors, je ne pense pas qu’ils remettront en cause leur systême. Les 2 seuls partis américains, démocrates et républicains, ne sont pas prêt à le faire. Même si le peuple n’en veut plus, ça ne sera pas forcément suivi politiquement.

A la limite c’est plutôt en Europe qu’on peut s’inquiéter. Entre la montée de l’extrême droit finlandaise, de l’extrême droite suedoise, et j’en passe. Ce n’est bien joli ce qui est en train de se passer. Si vous passez faire un tour sur le site du FN, vous verrez que leur discours démagogique est extremment bien construit. Ils se préparent pour les élections, efficacement. Je peux vous assurer qu’ils convaincront plus d’un Français de voter pour eux…

Economiquement, ils se placent en anti-globalisation, et en anti-libéralisme. Une vraie extrême-gauche.

Sociologiquement, c’est pas de pitié pour les immigrés venus en France. Mais pour ne pas se faire traiter de raciste, ils promettent d’aider les pays Africains à s’en sortir…

Si vous êtes un peu curieux, allez lire. Vous verrez qu’ils préparent très bien leur prochaine élection. C’est inquiétant. (Au passage, admirez ce superbe compteur démagogique de la dette française).

En 2009, la Société Générale prédisait un effondrement global d’ici 2012, à cause de la dette publique pas capable d’amortir toute la dette privée qui est ressortie de la crise. Pour l’instant, ses prédictions semblent largement juste. J’ai vraiment peur pour les prochaines élections. En effet, le dernier effondrement de l’économie a fait monter… l’extreme-droite. Et pour l’instant, les indicateurs semblent tous confirmer cette thèse. L’avenir est extremment incertain, j’ai lu je ne sais plus ou que le systême se gripperait pour de bon en octobre. On verra.

Le systême est fucked

Et allez, un ptit article pour revenir sur la crise.

On a tendance à croire que la crise est résolue. Qu’on va s’en sortir, que l’Europe sera coolos dans 1 ou 2 ans… Il n’en est rien.

Déjà, petit retour sur l’extraordinaire arnaque qu’on nous a fait avalé.

2008, crise des subprimes. Elle s’ajoute à d’autres crises, et op, c’est l’écroulement banquaire. Et merde, les banques n’ont pas de tune en fait ! Les banquiers, tout paniqués, viennent voir les chefs d’États. Les joies du lobbying à l’oeuvre, on leur fait gober qu’ils faut prêter aux banques, pour les sauver.

On investit alors des milliards dans le système financier. En fait jusqu’à là, c’est la théorie du Keynianisme. L’État doit agir dans certaines situations, être prêt à influencer l’économie. Sauf que ça, ça ne marche que si c’est l’État qui est encore maitre des monnaies. En Europe, c’est la BCE qui peut agir. Mais elle ne peut ni créer de monnaie (depuis 1992), ni prêter aux états-membres (article 104 du traité de Maastricht)

Il est interdit à la BCE et aux banques centrales des États membres, ci-après dénommées “banques centrales nationales”, d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions ou organes de la Communauté, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres; l’acquisition directe, auprès d’eux, par la BCE ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite.

Donc, l’État, pour sauver l’économie, doit emprunter lui même à des banques peu véreuses. Et le Keynianisme ne remplit plus son rôle, et devient une terrible injustice. Les gains ont été privatés, les banques se faisant énormément d’argent durant la crise des subprimes, et les pertes ont été socialisées, l’État ayant du emprunter pour rembourser les banques.

Pourquoi la BCE n’a pas directement prêté aux banques ? Elle l’a fait. De ce coté pas de problème. Mais l’État aussi a prêté…

Nos États étant déjà beaucoup trop endettés, ils se retrouvent dans une situation très difficile. Sans parler des états qui n’étaient riches que grâce aux marchés financiers (Irlande, Grèce, ect…) qui se sont littéralement effondrés.

Ils se retrouvent dans une situation très difficile. Économiquement, ils sont à la ramasse. Et d’après les théories les plus pessimistes, ils vont s’effondrer. Surtout qu’ils sont obligés d’emprunter aux banques « classiques » (cf traité de Maastricht plus haut). La BCE prête alors aux banques classiques pour un taux d’environ 2%, qui eux même prêtent aux pays en difficulté pour un taux d’environ 9%… C’est complétement abracadabrantesque.

bank

Et voilà où on en est. Le lobbying des banques a payé. Elles vont très bien, leurs profits sont remontés au double de l’année dernière. Pendant ce temps, les peuples payent le choix ses dirigeants. Aux présidentielles de 2012, on va avoir, a priori, le choix entre Sarkozy, LePen, et DSK. Sarkozy, on sait déjà ce que ça donne. LePen, c’est juste un effondrement Français plus rapide, tout ça dans une ambiance bien fachiste. DSK, ça sera pareil que Sarko, sans l’aspect ultra-sécuritaire. Mais je ne suis pas sur qu’il soit très indépendant du lobby des banques, après avoir été dirigeant du FMI…

Le système actuel est complétement disfonctionnel. J’espère que nos présidentiables en 2012 sauront mettre en place des programmes étonnants, innovants, cherchant à changer ce système vicié. Autrement, si on nous balance la bouffe démago habituelle, je suis pas sur que j’irai voter.

PS : J’ai commandé « Le capitalisme à l’agonie » de Paul Jorion, un économiste plutôt pessimiste. Je vous en donnerai des nouvelles.